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Identité et caractère

Qu’est-⁠ce qu’un homme de Dieu ? Six valeurs qui ne font pas de bruit

On imagine volontiers un homme de Dieu impressionnant. La Bible le décrit autrement : un homme fidèle, d’abord là où personne ne regarde.

Par David Edward ·

Un homme de Dieu, selon la Bible, n’est pas un homme qui prie plus longtemps que les autres ou qui connaît davantage de versets. C’est un homme fidèle, et cela se voit d’abord chez lui, le vendredi soir, fatigué, quand personne ne le regarde.

Pas d’abord fort, mais fidèle

La culture définit le héros par sa force physique, financière, sociale : l’homme qui réussit, l’homme qui gagne. La Bible le définit différemment, et cette différence change tout. L’apôtre Paul l’écrit à toute une Église :

« Restez vigilants, tenez ferme dans la foi, soyez courageux, fortifiez-⁠vous. Que tout ce que vous faites soit fait avec amour. »

1 Corinthiens 16:13-14 (Segond 21)

Les quatre premiers ordres claquent comme ceux d’un capitaine avant la bataille : tiens bon, ne plie pas. Puis vient la dernière phrase, qui change le sens de tout ce qui précède, parce qu’elle attache ensemble la force et l’amour. Kephalés en tire sa définition : « Le héros biblique n’est donc pas d’abord fort. Il est fidèle. Pas d’abord performant, mais constant. Pas d’abord visible, mais présent. »

C’est une libération. Tant que la valeur d’un homme dépend de sa performance, il n’est jamais en paix. Mais si être un homme, c’est être fidèle, constant, présent, alors c’est à ta portée : aujourd’hui, dans ta maison, avec ce que tu as.

Le livre décline cette définition en six valeurs. Toutes s’exercent d’abord à la maison.

La fidélité

Elle commence dans ce qui ne se voit pas.

« Celui qui est fidèle dans les petites choses l’est aussi dans les grandes, et celui qui est malhonnête dans les petites choses l’est aussi dans les grandes. »

Luc 16:10 (Segond 21)

Être fidèle, c’est être le même homme partout. Samuel, que tout le monde appelle « le sage » à l’église, entend un dimanche midi, dans la voiture, son fils de quatorze ans lui dire : « Papa, tu es toujours gentil avec les gens de l’église. Mais à la maison, des fois tu es dur. » Il découvre ce jour-⁠là qu’il y a deux versions de lui, et que la meilleure, il la réservait à des inconnus.

La responsabilité

Le tout premier réflexe de l’homme pris en faute, dans la Bible, est de désigner quelqu’un d’autre : sa femme, et même Dieu. Reprendre sa responsabilité, dit le livre, « c’est inverser ce tout premier réflexe : dire “moi” là où tout pousse à dire “c’est à cause de” ».

Cela peut tenir en quelques phrases, comme celles que Thomas finit par dire à sa femme un soir où il s’est emporté : « Je me suis mal comporté tout à l’heure. Ce n’était pas à cause de ma journée. C’était moi. Pardon. »

Le courage

« Ne t’ai-⁠je pas ordonné : “Fortifie-⁠toi et prends courage” ? Ne sois pas effrayé ni épouvanté, car l’Éternel, ton Dieu, est avec toi où que tu ailles. »

Josué 1:9 (Segond 21)

Remarque la raison que Dieu avance. Il ne dit pas à Josué qu’il en est capable, il lui dit qu’il ne sera pas seul. Le courage biblique ne repose pas sur la confiance en soi, mais sur une présence. C’est pourquoi le livre peut dire : « Le courage n’est pas l’absence de peur. C’est l’action malgré la peur. » Celle d’ouvrir une conversation difficile, de demander pardon, de dire la vérité quand le silence serait plus confortable.

L’humilité

« Que chacun de vous, au lieu de regarder à ses propres intérêts, regarde aussi à ceux des autres. »

Philippiens 2:4 (Segond 21)

Le livre en donne une définition qui écarte d’un coup l’arrogance et la fausse modestie : « L’humilité, ce n’est pas penser moins de soi, c’est penser moins à soi, pour avoir enfin de la place pour les autres. » C’est elle qui permet à un homme de répondre « je ne sais pas » quand on le croit plein de réponses, et de reconnaître que sa femme a peut-⁠être raison, même quand son orgueil résiste.

L’amour concret

L’amour dont parle la Bible se reconnaît à ce qu’il fait. « L’amour qui ne se traduit pas en gestes n’est qu’une intention, et une intention ne nourrit personne », lit-⁠on dans le livre. C’est la vaisselle faite sans qu’on le demande, l’écoute vraie quand on est fatigué, la nuit où l’on se lève pour l’enfant malade. Et il s’adresse d’abord à ceux qui partagent notre toit, auxquels nous réservons si facilement nos restes plutôt que notre meilleur.

La maîtrise de soi

« La lenteur à la colère vaut mieux que l’héroïsme ; mieux vaut être maître de soi que s’emparer de villes. »

Proverbes 16:32 (Segond 21)

La Bible place donc l’homme qui se gouverne lui-⁠même au-⁠dessus du conquérant. La force d’un homme est un bien pour sa famille tant qu’elle reste tenue ; dès qu’elle lui échappe, elle devient une menace pour ceux-⁠là mêmes qu’elle devait protéger. Isaac, l’un des personnages du livre, en parle sans se donner le beau rôle : « Je ne suis pas naturellement patient. Je choisis d’être patient. Chaque jour, je le choisis à nouveau. Et certains jours, je le choisis mal. Mais je recommence le lendemain. »

Ce qui les fait tenir ensemble

Six valeurs, cela peut devenir six occasions de se sentir en défaut. C’est pourquoi le livre pose dessous un fondement qui ne dépend pas de nos résultats : la valeur d’un homme n’est pas une récompense, c’est un don. Elle lui vient de Dieu, et elle est inébranlable.

C’est ce fondement qui rend les six valeurs possibles. Un homme qui doit encore prouver ce qu’il vaut ne peut ni reconnaître ses torts ni servir sans calcul. Le livre le résume en deux phrases : « Un homme sans identité solide cherche à se prouver. Un homme avec une identité solide cherche à servir. »

Un homme de Dieu n’est donc pas un homme arrivé. C’est un homme qui sait à qui il appartient, et qui peut dire, avec le livre : « Je choisis chaque jour qui je veux être, et je recommence quand je l’ai mal choisi. » Recommencer, c’est se relever, et être fidèle là où l’on se trouve.

Et toi ?

Trois questions, à reprendre lentement, de préférence par écrit :

  • Parmi ces six valeurs, laquelle est la plus présente dans ta vie, et laquelle est la plus absente ?
  • Y a-⁠t-⁠il deux versions de toi, l’homme public et l’homme privé ? Qu’est-⁠ce qui les sépare ?
  • Laquelle veux-⁠tu commencer à cultiver cette semaine, dans un acte précis ?

Texte biblique de la Bible Version Segond 21. Copyright © 2007 Société Biblique de Genève. Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.

Le mur

Je veux devenir un homme qui…

Une phrase, écrite noir sur blanc : c’est souvent par là que quelque chose commence. Lis celles des autres lecteurs, et ajoute la tienne.