La collection
Que veut dire « Gibbor » ? Le mot derrière la collection
Le nom de la collection vient de la Bible. Il veut dire « vaillant », et la Bible le donne à des hommes qui ne se sentaient pas à la hauteur.
Par David Edward ·
Gibbor est un mot de l’Ancien Testament, la première partie de la Bible chrétienne. On le traduit par « vaillant », « fort » ou « héros », et la collection lui doit son nom. Mais la Bible en fait un usage qui surprend : elle le donne à des hommes qui ne se voyaient pas ainsi, elle place la maîtrise de soi au-dessus de l’exploit, et elle finit par donner ce nom à Dieu lui-même.
Un mot de soldats, et pas seulement
Le mot appartient d’abord au vocabulaire des armes : les compagnons du roi David sont appelés ses « vaillants hommes » (2 Samuel 23:8).
Mais le même mot sert pour Boaz, dans le livre de Ruth, que nos traductions présentent comme « un homme puissant et riche » (Ruth 2:1). Boaz ne se bat contre personne. C’est un homme établi, qui remarque une étrangère venue glaner dans son champ, veille à ce qu’on la respecte, et prend sur lui la charge d’une famille qui allait s’éteindre. La vaillance d’un homme ne se mesure donc pas seulement à ce qu’il renverse. Elle se mesure aussi à ce qu’il protège, et à ce qu’il relève.
Dieu le dit avant que l’homme y ressemble
La scène la plus parlante se trouve au livre des Juges. Le pays est pillé chaque année par ses voisins, et un homme nommé Gédéon bat son blé en cachette, au fond d’un pressoir, pour que l’ennemi ne le lui prenne pas. C’est là, dans sa cachette, qu’il s’entend saluer ainsi :
« L’ange de l’Éternel lui apparut et lui dit : “L’Éternel est avec toi, vaillant héros !” »
Juges 6:12 (Segond 21)
Rien, dans la situation, ne justifie ce titre, et Gédéon est le premier à le faire remarquer : son clan est le plus faible de sa tribu, répond-il, et lui-même est le plus petit de sa famille. Dieu ne retire pourtant pas le mot. Il ne décrit pas ce que Gédéon a fait. Il annonce ce que Gédéon deviendra en marchant avec lui, et la phrase commence d’ailleurs par là : l’Éternel est avec toi.
Tu n’as pas à te sentir vaillant pour être appelé. Tu as à te lever, parce que celui qui t’appelle marche avec toi.
Une force qui a un maître
La Bible n’admire pas la force pour elle-même. Le livre des Proverbes place au-dessus du héros l’homme qui se gouverne :
« La lenteur à la colère vaut mieux que l’héroïsme ; mieux vaut être maître de soi que s’emparer de villes. »
Proverbes 16:32 (Segond 21)
Un homme vaillant, au sens de la Bible, n’est donc pas un homme qui s’impose. C’est un homme dont la force est tenue, et tournée vers d’autres que lui.
Le vaillant, c’est d’abord Dieu
Le mot monte encore d’un degré lorsque le prophète Ésaïe annonce un enfant qui le portera parmi ses noms :
« En effet, un enfant nous est né, un fils nous a été donné, et la souveraineté reposera sur son épaule ; on l’appellera merveilleux conseiller, Dieu puissant, Père éternel, Prince de la paix. »
Ésaïe 9:5 (Segond 21)
Les chrétiens reconnaissent dans cet enfant Jésus-Christ. Et la manière dont il a porté ce nom en change le sens pour toujours, puisque le « Dieu puissant » est venu, de son propre aveu, « non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour beaucoup » (Marc 10:45). La vaillance a désormais un visage : celui d’une force entièrement donnée.
Pourquoi ce nom pour une collection
GIBBOR rassemble des livres chrétiens écrits pour les hommes : ceux qui tiennent debout, ceux qui vacillent, ceux qui recommencent. Le nom ne désigne pas une élite. Il dit à chacun ce que l’ange dit à Gédéon dans son pressoir : tu es appelé vaillant avant de t’en sentir capable, parce que Dieu est avec toi.
Le premier livre de la collection, Kephalés, ne commente pas ce mot. Il en donne le portrait : « Un Kephalés n’est pas un chef qui commande. C’est un homme qui assume. Qui se lève. Qui ne fuit pas. Qui prie quand tout va mal. Qui sert quand il est fatigué. Qui reste quand tout l’incite à partir. »
C’est cela, un homme vaillant : non pas celui qui domine, mais celui qui reste. Les trois livres de la collection suivent les saisons d’une même vie d’homme : bâtir l’homme, bâtir le foyer, transmettre ce qui a été bâti. Et le premier part d’un autre mot de la Bible, grec celui-là, qui dit la même chose autrement : être la tête, c’est servir.
Texte biblique de la Bible Version Segond 21. Copyright © 2007 Société Biblique de Genève. Reproduit avec aimable autorisation. Tous droits réservés.